D’Adelaïde en Australie, le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, n’a pas hésité hier à monter d’un cran supplémentaire dans son discours à l’adresse de tous ceux qui bloquent l’élection présidentielle, menaçant de brandir le bâton à la face des députés boycotteurs.
Au cours d’un dîner organisé en son honneur, Mgr Raï a en effet affirmé : « Il y avait aujourd’hui une 14e séance électorale, et ils n’ont pas assuré le quorum et pas élu de président. Il est temps d’utiliser le bâton. Oui, le temps du bâton est venu. Nous refusons que le Liban reste décapité, sans président. Nous refusons que le pays sombre dans le chaos. S’ils n’élisent pas un président, cela veut dire qu’ils veulent le chaos. Chacune des parties influentes souhaite être le président. Voici venu le temps du bâton. Seul le président peut protéger le Liban. »
Dénonçant les « intentions cachées » derrière le défaut de quorum, Mgr Raï a ajouté : « Je m’en prendrai aux personnes qu’il faut, quels qu’ils soient – et ils savent qui ils sont. »
Le patriarche a par ailleurs proclamé son attachement au pacte national et à la formule libanaise du vivre-ensemble, rejetant la « violation flagrante » à travers le blocage de la présidentielle. Il a avoué craindre une volonté de torpiller la parité islamo-chrétienne au Parlement, au gouvernement et au sein de l’administration, rappelant les propos selon lesquels « le Liban ne peut voler que grâce à ses deux ailes, l’islam et le christianisme ».
« Il est question d’un projet d’Assemblée constituante, ce qui reviendrait à porter atteinte au pacte. Nous entendons aujourd’hui des propos dangereux concernant une répartition entre trois tiers (sunnite-chiite-chrétien). Tout cela va à l’encontre de la Constitution et du pacte, et de 94 ans d’histoire du Liban (…). Nous rejetons totalement le fait de ne pas élire un président, tout comme nous rejetons dès à présent toute Assemblée constituante et toute répartition par tiers », a-t-il souligné, appelant l’audience à se lever pour répéter cette position après lui d’une seule voix.
Au terme d’une tournée à Adélaïde en compagnie de la délégation qui l’accompagne, durant laquelle il a reçu un accueil populaire à l’église Saint-Maron et a inspecté l’école des sœurs antonines et l’hospice Saint Paul, le prélat maronite a pris l’avion pour Melbourne